vendredi 13 juillet 2012

13 juillet 2012 : l'humanité en marche, malgré tout



Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversion humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées relatives au progrès et à la civilisation ; tout journal, de la première à la dernière ligne, n'est qu'un tissu d'horreurs...
(Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu)


Remplaçons gazette par journal télévisé, ligne par image... Et pratiquement le texte de Baudelaire peut être reproduit tel quel aujourd'hui. Signe que, comme je le crois, le monde ne change pas beaucoup, qu'à la limite, nous n'avons que fort peu évolué depuis les temps préhistoriques... Ah ! on peut toujours se moquer des sociétés prétendument retardataires, archaïques, on a beaucoup de progrès à faire.
Ce n'est pas qu'il n'y ait pas d'autres nouvelles intéressantes à annoncer, que l'amour, l'amitié, la bienveillance, l'attention à autrui, le partage, le dépouillement, l'association, l'intériorité, l'ascèse, la culture et la création (au sens très large, englobant la littérature, la musique, l'artisanat, les beaux-arts, les spectacles, la spiritualité, etc.) soient totalement absents du panorama de notre vie et de l'actualité. Mais ce n'est pas aussi spectaculaire que le "tissu d'horreurs" que stigmatisait Baudelaire dans son texte publié en 1864. Alors, on n'en parle pas ou peu.
Est-ce parce que je vieillis ? Je préfère, au contraire de beaucoup de mes contemporains, regarder ce qui va bien plutôt que ce qui va mal. Apprécier les rencontres inédites ou insolites que m'apporte le couch-surfing (ainsi dernièrement la réunion sous mon toit de Sergueï le jeune Russe et de Hamlin le jeune Américain), 

 
Hamlin et Sergueï mercredi chez moi

savourer les retrouvailles récentes ou prochaines avec de nombreux amis et connaissances et des membres de ma tribu pas vus depuis parfois fort longtemps, lire la vie de Van Gogh plutôt que celle de DSK, Dostoïevski plutôt que xxx (mettez n'importe quel nom d'écrivain à la mode, mais qui sera oublié dès que la mode tournera), aller au cinéma voir La part des anges plutôt que The amazing Spider man... C'est-à-dire, au fond, tenter de répondre à "la grande devinette existentielle : mais enfin, qui crois-tu être ?" posée par un personnage de l'écrivain irlandais Joseph O'Connor. Ou aussi bien m'efforcer de "vivre, car vivre ne peut se réduire à assurer la continuation physique d'une existence" (Henri Perruchot, La vie de Van Gogh).
Je pars lundi pour trois semaines de balades et de rencontres dans la moitié sud de la France et vais donc laisser mon blog en plan. Mais j'emporte mes carnets, ma bonne humeur... et mon vélo !
Et bon anniversaire, Lulu !

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