Le cyclo-lecteur

Le cyclo-lecteur
Photo Juan Camilo Martinez Otálvaro (2013)

mardi 25 juillet 2017

25 juillet 2017 : l'humanité en acte : l'apprivoisement


Le temps guérit du deuil, dit-on.
(Jean-Bertrand Pontalis, Frère du précédent, Gallimard, 2006)


Je parlais hier des robots qui prennent une place de plus en plus importante dans nos vies. Ce matin encore, à la radio, on nous parlait de la nouvelle (?) invention, les robots sexuels ! Jusqu’où va-t-on aller dans la gadgetomanie, dans la technolâtrie, dans ce culte du nouveau à tout prix, car chaque invention nécessite une mise à jour, et le smartphone est à peine acheté, on a à peine eu le temps de se familiariser avec, qu’il faut déjà le remplacer par sa nouvelle formule... Dans une émission de radio, on a entendu François Bon (qui fut un écrivain estimable avant de succomber aux sirènes d’un certain progressisme idolâtre de la nouveauté) annoncer qu’il changeait de liseuse (e-book, reader) chaque année, car chaque nouvelle version ajoute des éléments nouveaux... Il est victime de la "séduction du consommateur pour un produit dont il n’a, a priori, absolument aucune utilité", mais dont, une fois possédé, on ne peut plus s’en passer et dont on se demande "comment on a réussi à vivre aussi longtemps sans en être équipé" (lire à ce sujet le livre excellent de Cédric Biagini, L’emprise numérique, éd. L’échappée, 2012, en place, je l'espère, dans toutes les bonnes bibliothèques et librairies). Personnellement, ma liseuse date de 2012, elle marche encore, je n'en suis pas esclave, je ne l'utilise que lors de déplacements lointains (bus, train, avion, cargo) et reste fidèle au livre papier chez moi. Hou, le vilain dinosaure !
Tout ça pour dire que les robots et les automates (la galère que c'est maintenant quand on veut envoyer un colis à la poste !) ne remplaceront pas le contact humain, notamment pour les malades, les handicapés, les vieillards (peut-être les plus cruellement frappés par une société qui dénie tout ce qui n’est pas jeune ou nouveau), les migrants, et aussi les enfants, autres victimes de notre société. J’observe avec beaucoup d’intérêt la manière dont les parents esquivent leur métier de parent en laissant leurs tout jeunes enfants se débrouiller tout seuls chez eux devant une multitude d’écrans, aussi bien qu'à l'extérieur, quand ils les emmènent au parc en bas de chez moi. Jouent-ils avec eux ? Que nenni ! Leur parlent-ils, leur racontent-ils des histoires, leur chantent-ils des chansons ? Que nenni ! Ils sont trop occupés avec leur main, elle même remplie par leur petite machine, et ils ne lèvent que de temps en temps un œil sur leur progéniture, le plus souvent, parce qu’elle se met à hurler, parce qu’un plus grand l’a bousculée ou qu’elle est tombée du toboggan... Drôle d’éducation et que de dégâts en perspective pour le futur !

 
Je viens de voir l’excellent film catalan Été 93, dont l’héroïne, Frida, est une petite fille de six ans, qui vient de perdre ses parents et qui est confiée à son oncle Esteve et sa tante Marga, qui ont eux-mêmes une petite fille de trois ans, Anna, et vivent à la campagne. Pour la petite citadine de Barcelone, le choc est brutal : d’abord, parce que pour ne pas la heurter, on lui a caché la maladie et la mort de ses parents, puis parce qu’il faut s’adapter à un mode de vie nouveau, se reconstruire avec son oncle qui devient son nouveau père, sa tante qui devient sa nouvelle maman et Anna comme une petite sœur. La réalisatrice Carla Simon, qui s’inspire de sa propre histoire, procède subtilement, avec lenteur, par petites touches : c’est un film sur l’apprivoisement, avec ses avancées, ses reculs, ses moments de joie et de colère, ses moments de contact physique et de tendresse. Elle en a eu de la chance, Frida (ou Carla) de pouvoir être adoptée aussi bien que d’adopter tout ce petit monde qui l’entoure, jusqu’aux gens du village, pourtant un peu méfiants. Tout ça se passe en 1993, et les fillettes préfèrent monter aux arbres, jouer dehors, explorer la forêt, et le soir, quand la nuit leur fait peur, rejoindre les parents dans leur chambre, plutôt que de regarder le poste de télévision qui semble le seul objet des technologies nouvelles à avoir atteint ce monde qui nous paraît si ancien. Heureux temps où l’on s’occupait des enfants ! Si loin de notre monde numérisé...
Un robot aurait-il pu remplacer l'oncle et la tante ?

lundi 24 juillet 2017

24 juillet 2017 : l'humanité nue (contre l'abus de la technologie)


C : Tout doit aller de plus en plus vite. La moindre interruption pourrait nous donner l’occasion de penser ! Ce serait trop dangereux !
(Christiane Thébert, Perdre le nord, Théâtre du Sentier, 2016)



La venue chez moi de randonneurs cyclistes "warmshowers", François, un Québécois, lundi 17, George, un Anglais, samedi dernier, m’a fait bien plaisir : c’est toujours sympathique de rencontrer des étrangers, même si François vient de la Belle-Province et pourrait se revendiquer comme français, il parle excellemment notre langue. George baragouine le français comme moi l’anglais, c’est dire que ce fut plus laborieux. Ce qui m’a frappé chez les deux, c’est qu’ils ont tout de suite voulu enregistrer mon code wi-fi, qu’ils ont mis en charge immédiatement leurs smartphones dont ils font un usage intensif, et dont la protection vitrée était affreusement fendue par des chocs chez tous deux. Ça leur sert de GPS, de pense-bête, d’appareil photo, de répertoire de musique (ne pas compter sur eux pour écouter les oiseaux ou le murmure du vent quand ils roulent, ils ont les écouteurs vissés sur les oreilles), d’écritoire pour leur page facebook ou pour des mails à leur famille. Ces deux jeunes gens sont branchés ! Je me demandais comment ils auraient fait avant, comme moi dans mes randonnées des années 70 et 80, où je n’avais même pas le téléphone, juste des cartes et un carnet !!!

George devant son vélo chez moi 
 
Enfin, ils ont délaissé quand même leurs prothèses pendant le repas que je leur avais préparé. Comme si soudain, ils s’apercevaient de nouveau qu’ils étaient humains, et qu’ils avaient affaire à un être humain ! Car tout de même, le problème est là ; déjà, ma génération s’est rapidement accrochée à l’automobile, puis au téléphone fixe et à la télévision, aux nombreux appareils ménagers électriques, à l’avion, puis aux ordinateurs et aux téléphones mobiles. Les jeunes, eux, sont nés dedans, le savent, en rient parfois, mais en ont un usage sévèrement addictif : ils visitent les musées, ainsi que j’ai pu le voir à Paris ou à Venise, en photographiant les chefs-d’œuvre plutôt qu’en les regardant ; ils passent leur temps en train ou en autocar, les yeux scotchés sur leur machine ; même en ville, ils ne les quittent jamais de leurs mains, d’où les nombreux accidents des vitres de protection. C’en est au point que désormais, on nous propose des stages de déconnexion, pour apprendre à s’en passer quelque temps.
Quoi de mieux que les vacances pour ça ! À quoi bon faire des centaines de photos, dont ne mettra au plus que quelques-unes sur facebook ou sur un blog ? À quoi bon vouloir sans cesse être connecté à sa famille (il est vrai qu’il y a des parents "chiants" qui téléphonent tous les jours à leurs enfants) ? On est en vacances, grands Dieux, profitons du soleil et du grand air (marchons !), de l’exercice physique (sans faire de sport, réapprendre à faire les courses à pied, c’est déjà un progrès pour les innombrables "hommautos" qui ne savent plus faire 200 m pour aller à la boulangerie), et osons les rencontres !
Sortons de notre cercle restreint (famille, proches), parlons à des inconnus, établissons (ou rétablissons) le contact humain ! Aucune prothèse, aucun robot, aucun automate, ne peuvent le remplacer. Le sentiment, la compassion, le jeu, le sourire et le rire, aucune machine n’atteint à la cheville de l’être humain pour cela. J’ai fait beaucoup rire quelques ami/e/s en leur disant que la première chose que je fais quand j’achète un nouvel ordinateur, c’est effacer les jeux qui y sont installés, car je sais combien on peut devenir accro, alors qu’on a tant de choses à faire pour soi-même, et tant de services à rendre autour de soi, et que notre temps est si limité.
Certain/e/s m’ont demandé comment j’avais fait pour tenir pendant les cinq ans de la maladie de Claire : eh, ne m’avait-elle pas soutenu, elle, pendant les vingt-cinq ans qui avaient précédé ? Et puis, j’ai, nous avons été aidés, et pas par des robots, non : par quelques ami/e/s de Poitiers chargés d’humanité qui ne nous ont pas abandonné dans l’épreuve, par quelques membres de nos familles respectives, par la formidable communauté protestante de Poitiers (il faut bien que je leur rende hommage aussi, en ces temps de décri des religions) et celle du jardin associatif, bref par des humains, avec leur capacité de sentiment, de compassion, d’oblation parfois. 
C’est une chose que je ne risque pas d'oublier. Depuis, je poursuis mon petit bonhomme de chemin en essayant de me montrer à leur hauteur, c’est-à-dire à hauteur d’homme. Et en faisant le moins d’usage possible de ces prothèses technologiques dont on nous rebat les oreilles à longueur de publicité, et qui nous nous font en grande partie oublier notre métier : être un être humain dans toute son acception ! Être "un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui", selon la célèbre formule de Sartre. Mais Rousseau et Victor Hugo ont écrit aussi de belles choses là-dessus !

vendredi 21 juillet 2017

21 juillet 2017 : trois âmes fortes


Dans le pire des cas, j’ai été heureuse pendant quarante-huit ans ; il y en a tant qui n’arrivent pas à l’être pendant quarante-huit heures dans toute une vie.
(Miguel Delibes, Dame en rouge sur fond gris, trad. Dominique Blanc, Verdier, 1998)


J'aime bien les romans ou les films qui nous présentent des âmes fortes, de celles qui peuvent nous aider à vivre, à nous dire que tout n'est pas perdu, et qu'il n'est pas encore temps de boire la ciguë !


Prenons Lazare Tcherkowitz, par exemple. Il a treize ans, il est juif, il est réveillé au petit matin par la police qui cerne l’immeuble où il habite, en ce mois de juillet 1942. Sa mère l’enferme dans un cagibi, avec interdiction de bouger et de faire du bruit : grâce à elle, il va échapper à la police française (hé oui, Mme Le Pen) qui opère la grande rafle dite du Vél’ d’hiv’ et sauver sa peau. Encore lui faut-il sortir de l’immeuble pour échapper à la vigilance des gardiens, pétainistes et antisémites farouches. Mais enfin, il y arrive, il erre dans Paris, sans un sou en poche et finit par atterrir au cimetière du Père Lachaise dans le soir tombant : il a faim et soif, mais est sûr au moins que les morts ne sont pas antisémites ! Il a la chance de tomber sur Fernand, un titi parisien illettré, de deux ans plus âgé, né sous une moins bonne étoile que Lazare, et contraint à survivre d’expédients. Laz’ a réussi à sauver un livre, Le secret de Brech’Helien qu’il connaît par cœur pour l’avoir lu plusieurs fois, et qu’il s’empresse de raconter à Fernand, et qui narre l’histoire d’un corsaire français (un peu pirate) du XVIème siècle qui a volé le trésor que Cortès renvoyait au roi d’Espagne, et dont il aurait conservé le diamant noir du dernier empereur aztèque dans la crypte du château où il a été enterré. Les deux garçons rêvent de récupérer ce trésor, car Laz’ connaît le village de Brech’Helien, c’est là qu’il passait ses vacances avant-guerre. Au petit matin, ils tentent de revendre à la sauvette les fleurs mortuaires fraîchement déposées sur les tombes, mais sont dénoncés par la fleuriste. Ils sont embarqués et condamnés pour vol et recel à être envoyés à la colonie pénitentiaire pour jeunes délinquants et orphelins de Belle-Île en Mer, véritable bagne, où les gardiens, sadiques et prévaricateurs, laissent les jeunes crever de faim pour revendre au marché noir la viande et les bonnes choses. Fernand et Lazare s’épaulent l’un l’autre, dans ce milieu hautement insécurisé, où règne la loi du plus fort, où les plus petits servent d’objets sexuels (les gironds) aux plus âgés (les marles), l’administration fermant les yeux. Les nazis voulant récupérer le camp, les jeunes sont embarqués dans un train pour être conduits à Mettray, autre bagne d’enfants (rendu célèbre par Jean Genet). Les bombardements bloquent le train, et chacun sauve sa peau comme il peut. Laz’ en profite pour filer à pied vers la Bretagne et Brech’Helien, où il est fort mal reçu par le patron de l’hôtel où il venait en vacances. Mais Marion, la nièce du patron, le protège... Je n’en raconte pas plus. L’enfant en fuite est un formidable roman populaire, comme Eugène Sue, Alexandre Dumas ou Gaston Leroux savaient les trousser, très documenté sur l’occupation nazie, la contrebande et le marché noir, le petit groupe des indépendantistes bretons affiliés aux nazis, la construction du Mur de l’Atlantique, les raffinements de violences et de tortures, les résistants de la dernière heure et les femmes tondues... C’est plein de rebondissements, d’un réalisme noir et cru dans les détails, les personnages nombreux sont crédibles, et l’écriture très vivante, savoureuse même de l’auteur (on pense parfois à Alphonse Boudard), rend un hommage aux rêves tirés de la littérature. Lime garde toujours un peu d’espoir et ponctue même les scènes les plus terribles d’un zeste d'humanité. Si on suit avec passion les aventures de Lazare, le personnage de Fernand, qui est davantage une victime de la tragédie humaine, prend une ampleur extraordinaire. Une très belle réussite dont on a trop peu parlé ! Et qui n'a pas l'air de figurer au catalogue de certaines bibliothèques, dont Bordeaux !!!

 
Prenons Ángeles, la Dame en rouge sur fond gris, un admirable portrait de la femme aimée que la maladie a trop tôt (elle a quarante-huit ans) enlevée à l’affection de son époux. Celui-ci, peintre célèbre, a vu tarir sa créativité, il s’est mis à boire. En cette fin du franquisme, deux de leurs enfants, Ana et Leo, ont été arrêtés, ce qui a peut-être contribué à développer une tumeur au cerveau chez leur mère. C’est le peintre et mari qui se fait le narrateur de cette fin de vie ("soyons juste, sa capacité à me surprendre est peut-être ce qui m’a séduit chez elle, ce qui au fil des ans a fait de moi un amoureux tenace"). C’est donc à la fois un hommage à la femme aimée, et une sorte d’exorcisme, qu’il raconte en confidence à Ana, fraîchement sortie des geôles après la mort du dictateur et qui n’a donc pas connu la fin tragique de sa mère. "Ce long monologue, classique dans sa retenue, bouleversant par la délicatesse du trait, évoque le mystère d’un être dont l’éclat, la beauté, l’élégance morale, illumine l’existence de ses proches, transforme la grisaille des jours – et jusqu’au goût âcre de la maladie – en d’inépuisables leçons de vie", nous dit l’éditeur sur la quatrième de couverture. Et, en filigrane, bien sûr, le franquisme.
Miguel Delibes, dont j’avais beaucoup aimé L’hérétique, son gros roman historique sur la pénétration du protestantisme dans l’Espagne du XVIème siècle et sa répression impitoyable par l’Inquisition toute-puissante, s’empare ici de la plume de son héros, le peintre déchu, pour peindre le deuil, pour peindre l'aimée, l’infatigable muse peut-être, celle qui "par sa seule présence allégeait le poids de la vie", comme tous, proches et amis, le reconnaissaient. Comme toujours en pareil cas, il regrette de ne pas avoir dit combien il aimait, quelle force elle lui avait donnée, peut-être justement celle de créer. Le tableau qui donne le titre au livre est un portrait d’Ángeles fait par un autre peintre, et le narrateur a "ressenti de la jalousie pour ce tableau, pour ne pas avoir su le peindre moi-même, parce que c'était un autre qui l'avait saisie dans toute sa splendeur". Et, au fond, c’est par les mots qu’il nous donne à voir sa femme aimée, morte avant d’avoir été abîmée par le flétrissement de la vieillesse. Hommage intime, hymne, chant d’amour dédié à une âme forte, qui m’a beaucoup touché, bien sûr, puisque j’ai connu semblable drame...
Mais je ne sais si j’aurais su le restituer avec autant de perfection, de tranquillité d’âme et de grandeur. Un bien beau livre...


Prenons Marina ; "elle" vit avec Orlando, de vingt ans son aîné, et ils s'aiment loin des regards de sa famille à lui, car Orlando était marié, avait des enfants. Il meurt subitement, et Marina va connaître l’hostilité de cette famille irréprochable et si convenable, qui rejette tout ce qu'elle représente. Marina va devoir se battre, avec la même force qu’il lui a fallu pour devenir "une" femme, elle qui est née homme... Mais cette "identité" de Marina n’est un problème qu’aux yeux des autres personnages du film, ex-femme, fils et proches, ébranlés par cet amour hors-norme et qui réagissent avec une haine échevelée : elle doit déguerpir illico de l’appartement appartenant à Orlando, n’a pas le droit de venir à la cérémonie funèbre, et doit essuyer tout un catalogue d’insultes dont on se demande si cette avalanche de réactions ne révèle pas la partie cachée et inavouée des désirs enfouis de ses détracteurs. Une femme fantastique ne traite pas donc pas du tout du problème identitaire des transgenres, mais des répercussions chez les autres. Le réalisateur chilien, Sebastian Lelio, dont déjà le film précédent, Gloria, avait fait un peu scandale (il révélait le besoin d’une vie encore libre d’une femme qui approchait de la soixantaine) prend le parti de Marina, et nous donne exclusivement son point de vue, ce qui fait du film une fable politique et sociétale. Les préjugés, les idées préconçues, ne peuvent cependant rien contre la force innée de Marina, qui fait sienne la phrase de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme, on le devient", ici l’identité n’est pas liée au sexe de naissance. Marina a la chance d’être aidée par son vieux professeur de chant, car si elle chante dans un cabaret pour gagner sa vie, elle est aussi capable de participer à un concert baroque : c’est que l’amour de la beauté et l’amour de la vie n’ont rien à voir avec les petites mesquineries et les basses vengeances que "les normaux, les convenables, les conformes, les bienséants" ne manquent pas de faire sentir à ceux qui transgressent les règles et les normes. Marina sait que là, elle doit gagner la bataille, mais qu’il y en aura d’autres à venir...
Un film fin, subtil, qui a obtenu l’Ours d’argent à la dernière Berlinale (tiens, il faudra que j’aille explorer ce festival un jour !).

vendredi 14 juillet 2017

14 juillet 2017 : mélanges


Aujourd’hui, je sais que le voyage est un mot noble et se réfère seulement à ceux qui le font à pied. Nos billets d’aller-retour vers des lieux plus ou moins éloignés doivent être appelés des déplacements. Le voyage est un chemin sans billetterie ni date de retour.
(Erri De Luca, Le plus et le moins, trad. Danielle Valin, Gallimard, 2016)


 
Le blog va rester en sommeil pendant l’été, j’y rajouterai peut-être de-ci de-là une page. Il me faut conclure sur mon voyage en Suisse et les à-côtés qui ont suivi.

 
1 : mes lectures

J’ai assez peu lu pendant la randonnée cycliste elle-même, parfois deux ou trois pages pour m’endormir. Je n’avais emporté que ma liseuse. Mais j’ai beaucoup lu dans le train, chez les cousins de l’Aveyron et au retour ; je savais qu’il me fallait des choses faciles, aussi ai-je dévoré deux romans populaires du XIXe siècle, un palpitant western de Gustave Aimard, L’Aigle noir des Dacotahs, et un roman maritime (dénonçant l’esclavage) d’Eugène Sue, Atar-Gull. À la suite de quoi, toujours sur la liseuse, j’ai lu trois pièces de théâtre, Beaumarchais, de Sacha Guitry, Les brigands, de Frédéric Schiller et Brutus, de Voltaire. Enfin, puisque j’étais en Suisse, la délicieuse pochade de Rodolphe Töppfer (l’inventeur de la bande dessinée, mais écrivain tout à fait estimable par ailleurs), La bibliothèque de mon oncle, histoire d’un adolescent orphelin. J’ai terminé, en rentrant, par le très beau livre d’Erri De Luca, Le plus et le moins, dans lequel l’auteur explore son enfance et son passé de travailleur manuel : ce n’est pas un roman, mais c’est magnifique (emprunté à la bibliothèque de mon quartier). L’auteur s’est par ailleurs illustré par son opposition à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin : un écrivain certes, mais un homme conscient !
 
2 : cinéma

 
J’ai fait une courte incursion au Festival de cinéma de La Rochelle, où je n’ai passé qu’une nuit chez Marc et Yolande, à Angoulins, toujours superbement reçu. J’ai vu trois films d’Hitchcock, dont deux "inédits" (pour moi), un muet, le superbe The Lodger, passionnante exploration en 1927 d’un de ses thèmes fétiches, celui du faux coupable, et The skin game, un des premiers parlants (1931), et j’ai revu avec plaisir Les 39 marches (mon favori de la période anglaise) !!! J’ai vu aussi un passionnant documentaire colombien, El valle sin sombras, de Rubén Mendoza, sur la catastrophe d’Amero en 1985. Et un moyen métrage remarquable d’Éric Caravaca, Carré 35, où il explore le secret de famille, un peu comme Annie Ernaux dans L’autre fille.


Au cinéma, je n’ai pas manque les formidables films d’Agnès Varda et JB, Visages villages, et le film d’animation de Benjamin Renner, Le grand méchant renard et autres contes. Des films à voir à plusieurs, voire en famille, et qui ne nous font pas désespérer du cinéma. Ce sont des films libres, rigolos, intelligents, qui nous scotchent au fauteuil. Enfin, ne pas négliger Le Caire confidentiel, de Tariq Saleh, qui explore la corruption du Caire et de l’administration Moubarak au moment de la chute du pharaon. Assez terrifiant, je dois dire, un polar nerveux et bien mené !

 
3 : rencontres hors randonnées
Je ne fais pas que lire dans le train : je somnole un peu, je regarde par la fenêtre, j’engage aussi la conversation quand je tombe sur des gens qui n’ont pas les oreilles bouchées, les yeux fixés sur leurs petites machines et les mains occupées à pianoter dessus. À l’aller, j’ai ainsi pu dialoguer avec un couple qui prenait le train à Toulouse comme moi, pour aller faire de la randonnée en Bourgogne, ils s’arrêtaient à Dijon, terminus du train. Proches de la soixantaine, ils m’ont révélé qu’ils passaient leurs vacances à vélo ! Dans le train de Lyon à Genève, un groupe m’indiqua que, puisque j’allais passer à Vevey, ne pas manquer le Musée Charlie Chaplin. Ce sera pour une autre fois.
Mais la rencontre la plus étonnante fut, dans le train de Lyon à Tours, celle d’un jeune homme qui étudiait une partition. Il me regardait lire. Profitant d’un arrêt qui avait dégagé une partie des voyageurs, je lui ai demandé ce qu’il faisait. « Je prépare un concert, une cantate de Bach pour le cinq centenaire de la Réforme ! » « Vous êtes protestant ? » Et, de fil en aiguille, il me raconta qu’il était en fait organiste au temple de Tours, et m’invita à venir assister au concert qui aura lieu le 31 octobre prochain. j’appris aussi qu’il étudiait encore, sa compagne mal voyante aussi. Un type tout sympa : je lui ai offert les deux bouquins que je n’avais pas réussi (ni cherché) à distribuer lors du tour du lac Léman, Le journal d’un lecteur et Danse sur les flots.

4 : les "warmshowers"

les deux comédiens de Perdre le Nord
 
Livres que j’avais emporté en double exemplaire, et dont les autres exemplaires avaient été donnés à mes hôtes "warmshowers" de Genève, Nicole et Daniel. Dans leur grande maison, j’ai occupé le lit de secours situé en sous-sol... Nous sommes allés voir à 19 h une pièce de théâtre qui se jouait en plein air, non loin de chez eux, Perdre le nord, sur un texte de Christiane Thébert pour deux comédiens (que j’ai acheté), joué dans le style Commedia dell’arte. Puis nous sommes rentrés et avons mangé ensemble, avec leurs enfants ; ils ont fait un sort aux petits pâtés périgourdins en conserve que j’avais apportés.

la voiture suiveuse

Et, à peine rentré à Bordeaux, voilà que m’arrive mardi dernier un invité "warmshowers" : Alix. C’était prévu, mais le sms qu’il m’a envoyé le matin même m’a laissé perplexe : j’arrive avec Grand-mère. « Bon, me dis-je, j’ai bien appelé la bicyclette du cyclo-lecteur "Rossinante", pourquoi pas "Grand-mère", ça doit être un vieux vélo ! » Pas du tout, il arrive réellement avec sa vraie grand-mère. C’est qu’Alix n’a que seize ans, il est donc mineur et bénéficie d’un accompagnateur en voiture qui le suit (il est parti de la Drôme) ; ce fut d’abord son père, maintenant, c’est sa grand-mère, à partir du Nord de la France, ce sera son grand-père ! Belle organisation. Il a préparé tout ça pendant un an, cherchant des sponsors, des lieux d’accueil gratuits (comme chez moi) et avance à raison de 100 à 170 km par jour, avec un jour de repos par semaine. C’est le défi d’Alix, qu’on peut suivre sur internet : tapez sur google "le défi d’Alix". Il voulait découvrir la France. Et notez bien qu’il ne fait pas les choses à moitié comme les coureurs du Tour professionnel (vous avez vu leur parcours, rien à voir avec un tour de France !), regardez le parcours d'Alix...

le parcours d'Alix
 
Allons, tant qu’il reste des adolescents aussi imaginatifs et pleins d'énergie, on peut dire que notre relève est assurée...

jeudi 6 juillet 2017

6 juillet 2017 : La "Divine comédie" des cyclothécaires : Livre troisième : Le Paradis 3 : du voyage


la « flânerie », sorte de protestation contre un rythme de vie uniquement orienté vers la production.
(Michel Maffesoli, Du nomadisme : vagabondages initiatiques, La Table ronde, 2006)



 un des calligrammes fait par Carolina et que j'ai reçu

Pendant tout ce périple cycliste, je me suis souvenu de mes pérégrinations dans le Gers de 1973 à 1981. D’abord parce que j’en ai sillonné à vélo presque toutes les routes. Et aussi parce que je faisais des tournées de bibliobus (au début, j'en faisais deux par semaine, puis quand il y a eu la nomination d’une seconde sous-bibliothécaire, je suis passé à une seule, mais je n’ai jamais dérogé à ce travail de tournée), voulant voir les résultats de ce que nous faisions. Une fois, dans un petit village, une vieille dame responsable de notre dépôt de livres (à l’âge que j’avais, toute personne de plus de 60 ans était vieille, il faut m’en excuser, on n’était pas encore entré dans le "jeunisme" triomphant d’aujourd’hui) me dit, après que je lui aie affirmé mon admiration pour son lieu d’habitation, un véritable paradis : « Écoutez, Monsieur, il n’y a pas de paradis sur terre. À force d’habiter ici, on ne voit plus le paysage. L’été, on est envahi par les grosses mouches, les moustiques, et on doit garder les volets fermés, à cause de la chaleur ; l’hiver, il faut se calfeutrer, à cause du froid ; l’automne, il pleut ; reste le printemps... Ah, le printemps, voilà qui me rappelle mon enfance et ma jeunesse. Si vous cherchez le paradis, il est là, dans le souvenir du jeune temps. »


 le lac dans la brume au petit matin
 
Tout ça pour montrer que si, autour du lac Léman, les paysages sont parfois sublimes : une échancrure dans un promontoire nous montre le lac au matin qui se dégage peu à peu de ses brumes, les vignes romandes en terrasse, les églises, les châteaux, les abbayes, les maisons cossues (mais souvent derrière de hauts murs, je pensais à Marguerite Duras écrivant dans Le monde extérieur : outside 2 (POL, 1993) : "Devant les pancartes « chemin privé » de la campagne, un ami à moi disait toujours : « Eh bien, cher ami, vous l'aurez voulu, ne venez pas vous plaindre, vous serez privé de moi ».") Mais justement, trop , c’est trop. 

en bordure du lac (à Montreux)
  
Ça transpire la richesse un peu partout, surtout sur la Riviera de Vevey-Montreux ou, côté savoyard, d’Évian-Thonon, j’entendais quelques commentaires : « Ça donne le frisson, on n’a pas envie de vivre ici ! ». Je pensais de même, mais juché sur mon vélo, je préférais regarder au loin et garder mon souffle pour la route. J’ai très peu parlé en pédalant ! On se demandait où étaient les vraies gens, on voyait bien de ci-de là (à Genève et Lausanne surtout), des barres d’immeubles de style HLM, on voyait bien dans les AJ que le personnel de service était immigré – et que, d’ailleurs, il y a, en Suisse, une vraie politique de l’immigration, à quoi participent d’ailleurs les bibliothèques (accueil des migrants, cours de langues, méthodes de français langue étrangère, etc) – on imaginait bien que sous le vernis paradisiaque des châteaux et manoirs, des hôtels particuliers, des villas cossues et des grosses bagnoles, il y a tout de même des craquelures, parce que, comme écrivait déjà Montaigne au XVIe siècle : "Le dérèglement et l'exagération de nos appétits dépassent toutes les inventions par lesquelles nous essayons de les assouvir" (Apologie de Raymond Sebond).

pont-passerelle sur le Rhône (en route vers Saint-Maurice)
 
Cependant, l’accueil dans les bibliothèques, de même que celui que j’ai reçu dans la famille de warmshowers1 le samedi de mon arrivée a eu de quoi me réjouir grandement. Finalement, cette tradition d’accueil qui remonte à la nuit des temps (pensons aux Bédouins que Thesiger a magnifiés dans Le désert des déserts ou à Mathieu l'évangéliste, 25,35 : "Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli"). Et, finalement, c’est ce qui m’a donné envie de retourner là-bas refaire le même voyage, mais à mon allure, sans chronomêtre, pour parler davantage aux gens, m’arrêter à Clarens par exemple, dont le nom m’a évoqué le roman de Rousseau, Julie ou la nouvelle Héloïse, que j’ai envie de relire, et viens d’enregistrer sur ma liseuse. M’arrêter à Coppet et lire Mme de Staël et Benjamin Constant, revenir dans le Valais et relire Ramuz. Un voyage qui donne envie de lire, avec ou sans nouvelles technologies, tout de même, ça vaut le coup, non ! Sans compter l'espoir de revoir ici ou là certains/es des membres du peloton !!!

autre calligramme, celui d'Anna

1 Site de rencontre et d’hébergement pour cyclistes auquel je suis également affilié : c’est la première fois que j’y allais en tant qu’invité et non pas en tant qu’hôte ! Expérience vraiment réussie. Famille formidable, les parents m’ont même emmené voir pas loin de chez eux (mais à vélo quand même) une pièce de théâtre en plein air.

mardi 4 juillet 2017

4 juillet 2017 : La "Divine comédie" des cyclothécaires : Livre troisième : Le Paradis 2, les visites 2


Moi ce qui me rend à une fraîcheur d'exister – qui j'espère cessera seulement avec ma mort – c'est que l'homme ait inventé Dieu, et la musique, et d'écrire.
(Marguerite Duras, Duras filme, 1981, in Le monde extérieur : outside 2, POL, 1993)


la statue de Charlot sur les quais de Vevey
Jeudi 22 juin : la plus longue étape (en km, mais non en visites) nous attend, car nous allons arriver jusqu’au bout du lac et remonter le Rhône sur une bonne vingtaine de km. Il fait très chaud, Nous débarquons à Vevey, commune libre depuis 1356 (année de la bataille de Poitiers, perdue), et dont la bibliothèque fut créée en 1805 (année de la bataille d’Austerlitz, gagnée). Allons, je n’ai pas encore perdu toutes mes connaissances historiques. Nous sommes dans le canton de Vaud, puis irons dans celui du Valais, tous deux chers à Ramuz, un de mes écrivains préférés, dont j’avais acheté pour moi-même les œuvres complètes en cinq volumes sur papier Bible quand j’étais dans le Gers à un représentant. J’ai presque tout lu ! Et je sais que j’y reviendrai ! On m’en a parlé ici et là, dans les bibliothèques visitées, allons donc, il n’est pas oublié.

la grainothèque : bonne idée, non, pour aider à conserver les semences locales !
 
La grande idée de la Bibliothèque de Vevey est de créer un espace numérique, avec des jeux vidéo sélectionnés, des Ipad, des liseuses, des abonnements à la presse numérique. Il y a aussi un fonds en langue étrangère, des cours de français pour étrangers, un coin accueil des nouveaux arrivants, une grainothèque (où l’on propose des semences, et pas du Monsanto), un espace 14-20, créé en atelier participatif avec les jeunes pour qu’il s’approprient cet espace, etc. J’avoue que je suis en admiration (peut-être moins pour l’intrusion des jeux vidéo !...) devant le tonus de ces bibliothécaires. Il est vrai que nous sommes dans la ville où est mort Charlie Chaplin, dont une statue de Charlot orne le quai, et où a été créé un Musée dans sa maison (dont on m’a dit le plus grand bien dans le train Lyon-Genève), occasion entre autres pour moi de revenir voir ça plus tard ! Puis animation de promotion et pique-nique avant de s’élancer sur les rives de la Riviera romande, direction Montreux.

Freddy Mercury, qui n'en demandait pas tant !
 
À Montreux, pendant qu’un groupe va visiter le château de Chillon (j’ai lu sur ma liseuse Le prisonnier de Chillon, de Lord Byron), les autres se promènent dans Montreux, se baignent, se photographient devant la statue de Freddy Mercury, le chanteur des Queen, qui y venait souvent, ou font un peu d’advocacy. J’ai quasiment épuisé ma réserve de flyers, goodies et badges, je me contente de flâner en solo le long du lac, admirant les arbres en fleurs et le menu ressac.

les fameux badges à épingler sur la poitrine, qui partaient comme des petits pains, surtout avec les gamins
  
Puis nous partons pour les cinquante derniers km, récupérant au passage le groupe de Chillon, admirons les coteaux de vignobles en terrasses d’un côté, le lac et les Alpes de l’autre côté. Près de trois heures de route et surtout de piste cyclable le long du Rhône, qui se montre à nous en majesté, très puissant et grondant : s’agit pas de tomber dedans ! Il y a une pause bienvenue, néanmoins, je finis par décoller du groupe et par me retrouver à la queue, en compagnie de mon capitaine de route ange gardien. J’étais fatigué certes, mais moins que mardi dernier, c’est surtout que ça roulait trop vite pour moi, et pas assez de pauses pour reprendre son souffle sous l'accablante chaleur.

notre logement à Saint-Maurice
 
Enfin, nous arrivons à Saint-Maurice, petite bourgade du Valais, où nous sommes accueillis très officiellement sur la place devant la Médiathèque. Discours et boissons, repos bien mérité et installation dans l’hostellerie franciscaine, qui propose aussi des retraites pour ceux qui veulent se ressourcer, loin du bruit. J’ai déjà oublié si j’avais une chambre individuelle ou si nous étions deux ou trois. En tout cas, repas exceptionnel, avec une raclette valaisanne. Je ne m’en suis pas goinfré, sachant que c’est assez lourd à digérer, et que le lendemain matin, le départ serait tôt.

la fameuse raclette, servie par un moine (?)
 
Vendredi 23 juin : au matin, visite, successivement de la Bibliothèque de l’Abbaye de saint-Maurice, aux beaux livres anciens, puis de la Médiathqèue communale de Saint-Maurice. Cette dernière a la charge de développer le réseau du Valais, elle fait du prêt dans tout le Valais. Elle dessert aussi les écoles et le collège, fait des ateliers avec les classes, propose des services en ligne (tutoriels, ebooks, plate-formes d’autoformation)... Ça m’a paru une belle réussite.

la Médiathèque de Saint-Maurice
  
Puis nous partons vers la France, nous redescendons par la piste cyclable, pique-niquons au Bouveret, où se produisit le seul incident notable : Claudia, la jeune étudiante de l'HEG, fait une fausse route en mangeant son sandwich et manque de s’étouffer. À la suite de quoi elle a eu une crise de panique bien compréhensible, et a dû être rapatriée sur Lausanne par le ferry du lac : j'espère qu'elle s'est remise, car elle est très sympathique. Puis nous connûmes l’enfer des automobiles et camions sur la route jusqu’à Évian (petite pause rapide à la bibliothèque), puis jusqu’à Thonon, où la réception officielle fut grandiose, avec les élèves de l’école de musique (classe saxo) qui nous firent un beau concert. Après l’installation à l’hôtel Ibis, apéritif dînatoire à la Médiathèque de Thonon, où une accordéoniste nous fit même danser.

la classe de saxo de l'école de musique de Thonon
 
Samedi 24 juin : retour à la bibliothèque pour des ateliers et la présentation du projet de transfert dans un ancien couvent dont on couvrira le cloître par une verrière. Bonjour la chaleur, pensais-je ! Je participe à l’atelier sur les mots, car j’ai remarqué – et j’en ai félicité la bibliothécaire - que le fonds poésie était tout à fait important et surtout signalé par un grand panneau, alors qu’il était souvent extrêmement riquiqui, voire invisible (il faut chercher, comme disait notre ineffable bibliothécaire de Sainte-Anne en Grande-Terre), dans les autres bibliothèques visitées jusque-là. Il est vrai que la poésie est sûrement moins demandée que les jeux vidéos (?). Visite également du Musée du Chablais, avec une belle exposition sur la batellerie d’autrefois et sur la contrebande transfrontalière.




Et nous quittons Thonon pour Yvoire où nous pique-niquons au bord du lac, puis pour Genève, dernière étape où nous attend sur le quai une fanfare à vélo qui va nous précéder à la Bibliothèque de la Cité, où la réception est grandiose : bière "vélosophie", petites choses à manger, visite rapide, adieux et récupération des bagages pour une dernière nuit à l’AJ de Genève dans mon cas, beaucoup prenant le train le soir même.

la fameuse bière créée pour Cyclo-biblio (?) et fort bienvenue après la dernière côte assez raide